Timworld, les aventures multiculturelles d'une jeune maman

Timworld, les aventures multiculturelles d'une jeune maman

Humeurs


Décodage

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By carnetsdubusiness.com 

 

Ouagadougou, veille de mon déménagement à Bamako, je suis sur le point de boucler mes courses pour le voyage, je me gare devant un GAB (guichet automatique), je sors de la voiture, je salue l’agent de sécurité et j'entre dans le GAB. Sans stress j'ouvre mon sac, je sors ma carte, je suis sereine, fatiguée par les rangements mais je suis plutôt zen, j'introduis la carte dans le guichet, l'écran s'affiche, je lis “ENTRER CODE PIN” et là c'est l’AMNESIE… J’ai oublié mon mot de passe, je réfléchis mais rien ne me vient.

 

Je regarde le guichet, le guichet me regarde. Je tape un code sans conviction, évidemment ce n'est pas le bon, j'essaye de rassembler mes idées, j’entre un second code “CODE INVALIDE”. Me viennent maintenant des brides de chiffres, j'ai le code… mais dans le désordre. Je retire la carte pour réfléchir, je sors de mon sac mon cahier de notes de l'année, je lis chaque page, je sais très très bien que je n'y aurait jamais noté mon code mais je me dis “sait-on jamais, dans un moment d'égarement j'ai peut être pu le noter même en codant le code”, je suis à la page de couverture et rien, évidemment !

 

Je sors du GAB, je retourne dans la voiture pour y chercher l'autre téléphone plus ancien et je fouille dans mes notes numériques à la recherche de ce fichu code, rien! Je reviens dans le GAB, je l'ai découvert après mais à ce moment j'avais 3 bons chiffres sur les 4 et dans le désordre toujours. J'essaye une des combinaisons, la seconde , la troisième, toujours rien. Je retire la carte pour qu'elle ne soit pas avalée ou bloquée, ce serait la totale. J'ai des courses à finir, du personnel à payer… Je sais que mon argent est dans cette machine, j'ai ma carte mais impossible d'avoir un billet.

 

>>> A lire Plaisir d'offrir, joie de recevoir !

 

Je me résous à partir en lorgnant le guichet. L’agent de sécurité qui m'a vu aller et venir, parler seule, introduire de nombreux codes et qui a sûrement entendu plusieurs bips a dû se dire “voilà encore une qui a dérobé la carte de son conjoint et qui cherche maintenant le code”, du moins c'est ce que je me suis dite en le voyant m’observer. Je me trompe sûrement mais que voulez vous, j'étais à cet instant là très susceptible.

 

>> A lire Parlons popote, parlons bien!

 

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By championofmyheart.com 

 

Il est 16h30, l'agence bancaire est fermée. Je réduis mes courses et me rends chez mes frères où je raconte l'histoire à une de mes nièces qui en rit aux larmes. Que voulez vous, moi même j'en ris surtout en sachant que j'ai les chiffres mais dans le désordre. Cette nuit là, me sont revenus tous mes cours de probabilité. J'ai noté les chiffres, j'ai tenté des combinaisons et j'ai dormi. Connaissant mon niveau en mathématique générale au lycée, c'était vraiment mieux pour moi de dormir …

 

>>> A lire Et si j'essayais?

 

Le voyage est pour le début de l'après midi. Ma co-belle soeur vient me dire au-revoir et c'est elle qui me conduit à la banque. Aller dans une agence bancaire, quelques heures avant de voyager, c'est vraiment tout ce que je n'aime pas d'autant plus que tu sais toujours quand tu y entres mais tu ne sais jamais quand tu pourras en ressortir. Je vois la très sympathique agent de banque qui me fait remplir les fiches pour réinitialiser mon mot de passe ou changer de carte, je ne sais plus... Je les remplis, j'étais agacée mais pas vaincue puisque je décide malgré tout de sortir de l'agence pour tenter (une dernière fois) une des combinaisons qui me venait à l'esprit depuis le reveil. J'entre dans le GAB, j'introduis ma carte, j'entre le code et BINGO!!!

 

C’est mon argent mais j'ai l'impression que j'ai gagné un prix! Je sautille , je chante et là je me dis “Fatim il y a des caméras et donc des gens qui regardent les videos et le vigile peut croire que tu dijonctes et que tu peux représenter un danger pour les autres”. Je sors du GAB et je retourne informer l'agent de banque que tout à coup, le code m'est revenu aussi soudainement que je l'avais oublié. Elle en rit évidemment, c'était trop drôle.

 

>>> A lire Ouagalaisement vôtre!

 

Le cerveau humain est incroyable, c'est fou comme dans ces moments il est capable de puiser dans nos souvenirs des informations enfouies ou refoulées. J'en ai déduit, comme je le savais déjà que mon cerveau travaille mieux sous pression. C'était agaçant mais c'était stimulant et j'ai tellement ri de moi même… en même temps je ne pouvais rien faire d'autre que de réfléchir et de rire. Je n'avais heureusement pas d'urgence vitale, fort heureusement !

 

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By leparisien.fr

 

Le rire est une thérapie. Riez de tout, de rien, de la vie et surtout riez de vous même, ça n'arrange pas toujours les choses mais ça détend et ça, ça n'a pas de prix.

 

>>> A lire 7 jours, 7 expériences, 7 chances !

 

Et vous, quand avez vous ri de vous même pour la dernière fois?

 

Excellent week-end en rires et en joies!

 

Tim


26/01/2018
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Tolérance, galanterie ou culture ?

 

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Ma belle soeur chérie Yolande m'a dit une fois que la conduite en milieu urbain devrait faire partie des tests de recrutement pour mieux connaître la personnalité des candidats qui postulent pour un emploi. Ce serait pour révéler et mesurer la patience, la fidélité, la constance, le stress et la courtoisie du conducteur... Je pense comme elle, que la conduite peut permettre de comprendre un peu mieux le caractère d'une personne.

 

>>> A lire Plaisir d'offrir, joie de recevoir !

 

Je suis impatiente de nature (et je me soigne), mais en circulation je suis plutôt tolérante. Loin d'en faire une généralité, je connais de nombreuses personnes nerveuses qui sont d'un calme olympien en circulation et je connais aussi des personnes calmes qui sont méconnaissables et très irritables dans la même situation. Cela est il signe d'intolérance, de manque de courtoisie ou de galanterie ?

 

>>> A lire La patience, un chemin d'or ?

 

A Bamako je retrouve un peu cette "forme" de galanterie ou de courtoisie envers les femmes qu'à Dakar que je ne trouve pas à Ouagadougou.  Malgré la dangerosité de la conduite dans ces deux premières capitales , à Bamako par exemple, quand des enfants, des personnes âgées ou des femmes en particulier et même des hommes, veulent traverser la route (à pieds surtout), ils lèvent la main bien haut pour demander l'arrêt des conducteurs et en général ces derniers s'arrêtent. Les policiers ou des agents de circulation les aident également parfois. A Ouaga si tu lève la main pour traverser la route, sans stress, en espérant que les conducteurs s'arrêtent il est possible que tu te retrouves au sol les quatres membres en l'air avec en prime des injures... J'exagère peut être un peu, mais ce n'est pas loin de la réalité. 

 

>>> A lire Dakar, Kampala, Libreville puis Antananarivo! 11 ans loin de chez moi...

 

A Dakar par exemple où j'étais étudiante (2004-2009 et j'espère que ça n'a pas changé depuis), quand je montais dans un bus et qu'il n'y avait plus de places assises, un homme se levait toujours pour me laisser sa place (sans contrepartie aucune et sans demander mon numéro), pareil pour les personnes âgées et évidemment les femmes enceintes. C'était pareil dans les guichets de banques, les agences des sociétés d'eau et d'électricité. Il y avait même des rangs spéciaux pour les personnes du troisième âge, ce qui conduisaient certains jeunes cadres à remettre leurs factures à leurs parents pour les régler afin de ne pas passer la journée dans un rang. C'était plutôt attendrissant de voir ces retraités transformer certaines agences en lieux de retrouvailles et de causeries. Ce respect pour les personnes âgées et cette forme de galanterie m'ont toujours touché.

 

Comme à Dakar, à Bamako des hommes (qui ne sont pas agents de sécurité) que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam me tiennent la porte au super marché, à la boulangerie, etc. Ils s'arrêtent souvent pour que je traverse la route à pieds ou en voiture. La tolérance appelle la tolérance, la galanterie aussi, je m'efforce de le faire depuis pour d'autres (femmes ou hommes) quand je peux et où que je sois. Est ce seulement de la tolérance ou de la galanterie? Est ce culturel dans ces pays? 

 

>>> A lire Yala, d'un M à un autre!

 

A Ouaga cela m'arrive très rarement et quand je tiens la porte pour que la personne après moi entre dans un lieu, elle me prend le plus souvent pour "un portier", parce que pour ces personnes elles ne m'ont rien demandé et c'est parce que je veux que je tiens cette porte pour eux, aucun merci, parfois même aucun regard, la personne est même capable de te bousculer au passage. Ce nest pas encourageant mais je pense que c'est parce que ces personnes ne sont pas habituées à la tolérance et à la galanterie. Quand dans une société certains usages ne sont pas fréquents, les habitants ne peuvent pas y être habitués. A Libreville par exemple quand tu es enceinte, la majorité des gens prend soin de toi comme un oeuf, dans les services privés comme publics. Quand un(e) ouagalais(e) me cède le passage ou je me tiens la porte (enceinte ou pas) je dis MERCI et je me dis toujours à moi même "lui ou elle as voyagé". 

 

>>> A lire Incivisme au Burkina : entre Yaré et défiance

 

Ma mère et des tantes m'ont raconté ces histoires similaires où, à la Mecque, pendant le pèlerinage, des chauffeurs de bus (arabes) qui conduisent les pèlerins burkinabè, arrêtent leurs bus et refusent de démarrer leurs véhicules tant que toutes les femmes ne sont pas assises. Pourquoi ? Et bien parce que à l'arrivée du bus les hommes Burkinabè bousculaient les femmes pour y monter et avoir des places assises. Certaines femmes sont poussées aux sols, tombent et se blessent et comme je l'entends parfois moi même à Ouaga ils disent " c'est parce que tu peux que tu es venue ici". Si ça peut se passer dans un lieu saint où ils partent pour prier, se faire pardonner et se rapprocher d' Allah, vous imaginez ce qui se passe sous le soleil de Ouagadougou ? Pour eux l'égalité (tant recherchée) ne va pas de pair avec la galanterie. Être galant est même souvent vu comme si signe de faiblesse. 

 

>>> A lire Ouagalaisement vôtre!

 

Paradoxalement, les femmes burkinabè ont plus de droits que les maliennes (je ne saurai le dire pour les sénégalaises), dans le code des personnes et de la famille notamment. Au Mali ils ont voulu inscrire il y'a quelques années, comme ça l'est au Burkina, dans ce même code "en l'absence du mari, la femme est le chef de famille" et cela a provoqué un levé de bouclier dans la société, des marches ont été organisées et des stades ont été remplis par des religieux et d'autres personnalités pour dénoncer ce nouveau statut qu'obtiendrait les femmes. La loi n'est pas passée. Au Mali comme au Sénégal, plusieurs générations vivent sous le même toit, la femme est consciemment et inconsciemment placée sous la responsabilité de l'homme qui doit en prendre soin. Poids de la religion? Culture? Est ce pour cela que cette galanterie s'exprime ainsi dans la sphère publique dans ces pays?

 

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Princesse Yennenga by black-feelingscom 

 

Les femmes burkinabè sont des battantes c'est vrai, nos parents nous répètent souvent "ton premier mari c'est ton travail", c'est vrai. C'est vrai aussi que l'éducation qu'on nous inculque nous apprend, nous femmes burkinabè, à ne pas dépendre d'un homme, à ne compter que sur nous même. Les choses et les moeurs changent mais cela reste la philosophie de nombreuses personnes. De ce fait, comme nous exigeons peu des hommes, ils nous donnent peu. Messieurs, un peu plus de douceur et de galanterie de votre part nous feraient le plus grand bien. Essayez vous verrez! Ce n'est pas un signe de faiblesse que d'être galant c'est même au contraire une forme de confiance et de sécurité intérieure. Honorée une personne s'est d'abord et avant tout s'honorer soi-même. 

 

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 Image by mrafropolitan.com 

 

Mesdames, en attendant ce sursaut de galanterie, à nous d'élever nos fils dans le respect de la femme. A nous de les amener à traiter leurs soeurs, leurs mères, leurs amies et leurs épouses avec tolérance, courtoisie et galanterie. A nous de leur apprendre qu'on  doit respecter les personnes âgées, qu'on peut tenir la porte et la portière pour laisser passer ou sortir une femme, qu'on doit avoir de la compassion pour une femme qui porte la vie et pour les personnes vulnérables. A nous de nous battre pour un plus grand respect de nos filles par leurs frères, amis et conjoints. Tout commence à la maison, la société est le miroir des ménages. Le respect s'apprend, le respect s'acquiert, le respect s'impose, le respect se transmet aussi Mesdames! 

 

>>> A lire Tu es fort(e) toi....

 

Merci à tous ces hommes qui respectent nos droits, nous respectent et nous traitent comme des reines malgré tout, vous êtes des rois. La tolérance, la courtoisie et la galanterie sont contagieuses, quand elles sont pratiquées dans une société elles deviennent un comportement, une habitudes, une identité. Nous nous acheminons vers les fêtes de fin d'année où les villes et les campagnes sont en effervescence, si chacun de nous décide d'être un peu plus tolérant en circulation comme dans la vie courante, à être courtois et galant envers ses semblables nous passerons tous et toutes de merveilleuses fêtes! D'avance MERCI!

 

>>> A lire Et si j'essayais?

 

Excellentes fêtes !

 

Tim 

 

 


22/12/2017
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Il pleut sur Ouagadougou...

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Le 13 Août 2017 mon cher et beau pays a connu un énième et sanglant attentat et le second sur notre si belle avenue Kwame Nkrumah. Le lendemain il a plu sur la capitale Burkinabè et dès le réveil ces mots me sont venus :  

 

Il pleut sur Ouaga, comme pour laver cette nuit d'horreur.
Il pleut sur Ouaga, comme pour rincer nos larmes et rafraîchir nos coeurs meurtris.
Il pleut sur Ouaga pour adoucir l'air alourdi par nos supplications et nos douleurs.
Il pleut sur Ouaga pour dissiper ce brouillard intérieur de questionnement qui nous assaille.
Il pleut sur Ouaga pour que puisse dormir ceux qui ont veillé et combattu hier sur tous les fronts pour nous défendre et nous informer.
Il pleut sur Ouaga pour que malgré la douleur les blessés et les familles des victimes voient que même le ciel pleure avec eux.
Il pleut sur Ouaga, pour que léger et doux, soit le repos de ces vies surprises d'être parties.
Il pleut sur Ouaga et malgré cet horreur vous n'aurez pas ma haine.
Il pleut sur Ouaga et puisse Dieu être et demeurer notre bouclier...
Prenez le temps de dire à ceux que vous aimez que vous les aimez.
 
Bref il a plu sur Ouagadougou...
Il n'y pleut plus depuis et d'autres attentats ont endeuillé des familles burkinabè dans le nord du pays.
Rien n'efface se sentiment d'injustice et d'impuissance. 
Il ne pleut plus sur Ouaga mais une pluie de questionnements s'abat toujours sur nous...
 
Tim 

19/10/2017
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Une vie de lagaré !

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On nous appelle lagaré (dioula), benjamin(e), kôdaadjo (fulfuldé), pa yaouguin (mooré), thiat (wolof)... Nous sommes les plus jeunes de la fratrie, nous n'avons pas de petit frère ou de petite sœur. Nous sommes souvent "les enfants de la retraite" comme on dit, ceux qui restent avec les parents quand les aînés prennent leur envol. Il parait que certains d'entre nous sont pourris gâtés, je dis certains parce-que je ne me sens pas concernée par cette affirmation. Je n'ai pas été pdisponiblesée, oh que non! J'ai été choyée, nuance!

 

>>>  A lire Baisse de rentabilité scolaire: et si ce n'était pas que de la paresse?

 

Les parents nous ont souvent tard, ils sont donc plus pondérés, plus calmes avec nous, plus attentifs, moins sévères, ils sont parfois plus nantis et surtout ils ont déjà testé sur les aînés toutes les formes d'éducation qu'ils connaissent et savent ce qui marche ou pas. Ils savent et nous aussi, que nous sommes ceux qui passeront le moins d'années de vie avec eux (c'est une triste réalité) donc ils laissent passer beaucoup de choses. Cependant, certains peuvent réagir différemment car avoir un jeune enfant dans les pieds alors qu'on a plus acheté de couches depuis 10 ans et qu'on est parfois même déjà grands parents, ça peut être irritant.

 

Quoi qu'il en soit "pourrir" son enfant quelque soit son rang dans la fratrie c'est le rendre dépendant de vous et lui réserver un avenir difficile. Comme le dit ma mère "si tu refuses de voir ton enfant pleurer aujourd'hui pour son bien, c'est toi qui risque de pleurer demain à cause de lui". 

 

>>> A lire Bébé dévient grand - frère ou grande soeur, le rôle des parents.

 

Je suis la benjamine d'une grande famille. Il y'a 20 ans entre l'aînée et moi et un peu plus de 12 ans entre l'avant dernière et moi. Autant vous dire que je n'étais pas, mais pas du tout, dans le plan de vie ni de mes parents ni de mes frères et soeurs... Pourtant me voilà pour le plus grand bonheur de tous (oui là j'opte volontairement pour le manque de modestie) ! Certaines tantes m'appellent affectueusement "lagaré dogoni" (petite soeur de la benjamine), c'est vous dire...

 

J'ai eu la chance d'être élevée par mes parents, ma grand-mère maternelle et mes frères et soeurs. Je vous parlerai en temps voulu de mon incroyable grand-mère sur les pieds de laquelle j'exigeais de m'asseoir pour prendre mon petit déjeuner tous les matins avant d'aller à l'école. Quand on a la chance il faut savoir en profiter! Philosophie de lagaré: on ne perd jamais le nord quand il s'agit de nos intérêts!

 

Quel genre de petite fille j'étais ? Mes parents disaient que j'avais un regard malicieux. Ils m'ont eu tard et certaines rumeurs ont à l'époque, attribué ma paternité et ma maternité à certains de mes aînés, d'autres l'ont revendiqué tous seuls. Dans tous les cas ils sont tous mes parents car ayant tous participé à mon éveil et à mon éducation. 

 

Ma mère me raconte toujours cette histoire que je lui racontais étant enfant en ces termes: "tu sais maman je voulais venir depuuiiis chez toi mais à chaque fois un de mes aînés (en citant leurs prénoms) me demandais de le laisser passer d'abord et j'acceptais. Un jour, j'ai voulu moi aussi venir et j'ai poussé, poussé, poussé et je suis arrivée". Imagination fertile d'une petite fille ou programmation divine sur mon arrivée? Ce qui est certain c'est que je voulais être là, dans cette famille et nul part ailleurs.

 

Être lagaré c'est donc avoir un rang à tenir, c'est respecter tout le monde et connaitre sa place et dans ce cas, les portes du paradis terrestres vous sont ouvertes, en entendant je l'espère, celles celestes Clin d'œil. Je l'ai compris très tôt... Une de mes grandes soeurs, celle qui s'est le plus occupée de moi étant enfant a appelé le salon de coiffure qu'elle avait à l'époque " Fatim Couture ", son unique enfant est une fille, qui me prend d'ailleurs pour sa grande soeur, à juste titre. Ma fille aînée porte le prénom de cette soeur, c'était complètement logique pour moi mais du coup elle laisse tout passé à ma fille comme une grand-mère... Mon fabuleux père m'a appris la gratitude et la reconnaissance et c'est une valeur que je porte fièrement.

 

>>> A lire Mon père, mon héros!

 

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Être lagaré c'est ne pas avoir de programme fixe parce-que les parents et les aînés ont en général leurs programmes dans notre pauvre petit emploi du temps. Tant qu'ils nous voient c'est que nous sommes forcément disponibles. Ma soeur aînée a le pouvoir de vous planifier une journée de 8h à 20h sur une semaine (voire plus) avec un chronogramme claire et précis de vos activités. Elle n'est pas la seule mais c'est elle qui excelle dans ce domaine, c'est un de ses nombreux talents mais sa générosité légendaire est un excellent boosteur de motivation. Vous voulez savoir comment faire les courses et les commissions de plusieurs personnes dans la même journée à travers la ville de Ouagadougou sur une moto ? Contactez moi. 

 

L'un de mes grand frère (qui se reconnaîtra) m'a dit, alors que j'étais déjà à l'Université à Dakar et que je negociais mon indépendance ou au moins une autonomie réelle "Fatim tu es indépendante mais pas souveraine". Après ça j'ai abandonné les négociations, je serai toujours pour eux, la benjamine quelque soit mon âge et ma situation. Ils n'arrivent toujours pas à croire que je suis mariée et que j'ai des enfants et ils me le rappellent à chaque fête des mères. 

 

>>> A lire La patience, un chemin d'or ?

 

Être lagaré c'est être la nounou officielle des neveux et nièces, c'est comme ça, on ne vous demande pas votre avis. Pour moi c'était un plaisir même si ce n'était pas de tout repos. C'est accompagner les enfants dans les sorties (concerts, manèges, spectacles, anniversaires,etc.), les garder ainsi que la maison quand ils sont seuls, les baigner, les moucher, les nettoyer, les amuser, les dorloter,... Bref tout ce que les aînés ont pu faire pour nous. C'est extrêmement formateur et je crois que ma passion pour le coaching vient d'eux parce-qu'ils savent qu'ils peuvent m'appeler ou m'écrire à n'importe quel moment du jour et de la nuit pour m'expliquer leurs problèmes ou pour partager leurs joies et leurs doutes. Ils ne s'en privent absolument pas d'ailleurs.

 

Il y'a 5 ans entre mes premiers neveux et moi et j'ai dû exigé le "tata Fatim" pour que chacun se rappelle de sa place. C'est important quand même! N'empêche que les plus âgés me prennent pour leur soeur aînée. L'avantage est qu'ils sont les aînés de mes enfants, qu'ils promènent, changent, amusent et baignent,... La roue tourne et un(e) lagaré qui comprend cela vivra bien. 

 

>>> A lire Plaisir d'offrir, joie de recevoir !

 

Être lagaré c'est avoir plusieurs sources de revenus et d'argent de poche. C'est entendre avec plaisir "garde la monnaie" ou "prends ça pour mettre l'essence" après les courses ou souvent juste pour le plaisir d'offrir. Je vous l'ai dit un lagaré qui comprend son rang, sa valeur et son pouvoir est disponible et intelligent. Pour ma part je ne me fâche pas par exemple pour un anniversaire oublié. Pourquoi ? Et bien parce-que la culpabilité est plus grande quand les aînés s'en souviennent après la date et donc le cadeau aussi. 

 

Être lagaré c'est avoir autant d'alibis et de complices que de frères et sœurs et tout autant de supporteurs, de défenseurs et de détectives à ses trousses. C'est aussi pour nous, être protégés et parfois sur-protégés, c'est pouvoir compter sur nos aînés quoi qu'il arrive. En général (et je le considère comme un avantage), nos conjoint(e)s reçoivent de notre famille des conseils chaleureux mais qui peuvent ressembler à des menaces voilées (ou pas). Comprenez qu'ils ne nous ont pas choyé pour que d'autres nous traumatisent, c'est logique !

 

Chers collègues lagaré, un(e) lagaré heureux(se) est avant tout une personne respectueuse, disponible, reconnaissante, innovante, autonome et reflechie. Une personne qui s'inspire de ses aînés et qui fait la fierté de la fratrie. La paresse, la dépendance, l'insolence , l'envie et l'attentisme ne mènent à rien de durable. Nos parents nous élèvent parfois comme leur premier petit enfant, nous sommes les premiers enfants de nos aînés mais nous sommes et seront aussi les premiers grands frères et soeurs des leurs, les tatas et tontons sympas et toujours disponibles. Cela implique des responsabilités et des attentes qu'il ne faut pas décevoir. 

 

>>> A lire Tu es fort(e) toi....

 

A tous les oncles, tantes, cousins, cousines, et amis de nos frères et soeurs MERCI! Merci pour ces commentaires affectueux en public (souvent devant les amis, le conjoint ou même nos enfants): "ehh c'est pas vrai? C'est toi qui a grandi comme ça ? Mais on était à ton baptême!". Effectivement, nos baptêmes furent à l'entendre, inoubliables pour beaucoup. Merci car même si nous nous sentons surveillés, scrutés où que nous soyons, nous nous sentons surtout protégés par vous tous. Où que j'aille en expatriation, je rencontre toujours une personne qui connait un de mes aînés et qui me traite comme sa petite soeur. Ça n'a pas de prix!

 

A tous nos parents et grands parents, MERCI pour l'éducation. MERCI de nous avoir aimé, porté, supporté, corrigé, guidé et inspiré! 

 

À nos chers frères et soeurs, MERCI pour l'éveil et l'apprentissage. MERCI  d'avoir pris sur vous nos égarements, nos écarts de langages, nos fautes, nos dérives et nos déboires. MERCI d'avoir essuyé nos larmes et d'avoir éloigné nos doutes. MERCI pour toutes les punitions subies mais qui nous étaient destinées, pour toutes les erreurs que vous nous avez évité de commettre. MERCI pour les alibis fournis, les innombrables cadeaux, l'argent de poche, de l'essence, des sorties... MERCI de nous avoir appris le style et les bonnes manières. MERCI de nous inciter toujours à faire mieux, de booster nos ambitions et de participer à notre réussite! MERCI d'être là pour nous encore et toujours et surtout INFINIMENT MERCI pour l'inspiration! 

 

Dédicace à tous mes collègues benjamins d'une famille et à tous ceux qui se reconnaîtrons à travers ces lignes Rigolant

 

 

Tim, une lagaré très très reconnaissante.

 


07/04/2017
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La patience, un chemin d'or ?

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S'il y'a une chose que j'ai apprise avec la vie à deux et la maternité c'est la patience. Entendons nous bien je ne suis pas devenue patiente, je suis moins impatiente et c'est déjà un grand pas pour moi et ceux qui vivent avec moi.

 

>>> A lire Prenez soin de votre corps pour que votre âme ait envie d'y rester!

 

Avant, je voulais tout, tout de suite et maintenant. Quand ce que l'on veut dépend de nous c'est déjà difficile d'obtenir tout ce que l'on veut d'un claquement de doigts alors quand ça dépend d'autres personnes c'est autre chose. Maintenant je sais qu'avec juste un peu plus de patience j'obtiens parfois même plus que ce que je voulais au départ.

 

Quoi que je fasse je ne peux ni accélérer mes grossesses, ni faire marcher mes enfants à 3 mois et encore moins leur apprendre le vélo à 5 mois. Je ne peux pas non plus changer du jour au lendemain certaines habitudes de mon mari qu'il tient de son éducation, de sa culture, de ses valeurs… Il y'a des choses que seules la communication, la subtilité, la persévérance, l'intelligence et la patience  peuvent faire évoluer positivement. Et ça je l'apprends au quotidien. J'apprends le “soft power” et croyez moi il est puissant.

 

>>> A lire 30 ans!

 

Pour ce qui est de la vie à deux, la notion de patience m'a aussi appris à gérer mes colères. J'ai compris que ce qui sortait de ma bouche pouvait blesser et surtout réduire mon espérance de vie. Oui, sous la colère ce que je suis capable de dire n'a pas pour but de plaire, alors là pas du tout! Maintenant j'évite, sauf cas d'énervement majeur, de parler sous la colère. Je refuse toute discussion jusqu'à ce que je sois plus calme et plus lucide pour m'exprimer clairement et surtout pour que l'autre comprenne mon message.

 

Cependant, quand vous savez que malgré tout vous allez dérailler, vous pouvez écrire un message, un e-mail ou une lettre, toujours après vous être calmée bien sûr. C’est la solution en cas de choc extrême ou quand vous êtes profondément désolés et que vous savez que face à l'autre vous ne pourrez jamais exprimer tout le fond de votre pensée. L'avantage quand vous écrivez est que vous pouvez vous relire, effacer, corriger, reformuler,... J’y travaille moi même encore mais la notion de patience m'aide beaucoup ! Essayer, ça peut vous sauver la vie ou au moins une relation.

 

>>> A lire Pour le meilleur et pour le pire! Vraiment?

 

Pour l’enfant, crier et frapper ne sont pas toujours les meilleures manières de lui faire comprendre les choses. Souvent se mettre à sa hauteur (se baisser pour le regarder dans les yeux), lui parler calmement et l'écouter produisent de bien meilleurs résultats et surtout ça le marque! Si vous criez et frappez pour tout et rien il grandira avec l'idée que ce sont là les seuls moyens de résoudre un problème et à la longue il sera complètement insensible à vos colères. Cela vaut pour les parents comme pour tous les éducateurs.

 

>>> A lire Baisse de rentabilité scolaire: et si ce n'était pas que de la paresse?

 

Mais entre nous, ne vous est-il jamais arrivé de vouloir quelque chose de tout votre coeur, de prier, de tout faire pour l'obtenir, d'y mettre toute votre énergie et de ne pas l'avoir ou de ne pas l'obtenir au moment voulu? Et puis un jour il vous arrive quelque chose de 1000 fois mieux, de complètement inespérée, d'inattendu. Ou de vous rendre compte qu'avoir cette chose de “tellement importante” pour vous à l'époque aurait été une vraie catastrophe aujourd'hui ? “Tout vient à point à qui sait attendre”, prend tout son sens en ce moment. Tout ce que l'on veut n'est pas toujours ce l'on mérite d'avoir mais ça il n'y a que le temps pour nous le faire comprendre.

 

Ne vous est il jamais arrivé d'avoir envie d'applaudir face à une situation en vous disant “merci mon Dieu!”? “Dieu fait votre palabre” comme on le dit couramment et vous même vous trouvez que c'est trop d'honneur. Ça ne vous est jamais arrivé? En attendant vous avez bien dû patienter un peu, beaucoup, énormément mais c'est enfin arrivé!

 

Que cela soit clair, il n'est point question ici de devenir attentiste ou paresseu(se)x, d'attendre pour attendre, d'être faible et de se laisser faire. Non! Il est question de vous battre pour ce que vous désirez mais si vous ne l'obtenez pas d'apprendre à patienter pour avoir mieux. Si vous avez essayer toutes les méthodes sans résultats, essayer aussi le pouvoir de la patience et vous verrez.

 

>>> A lire Tu es fort(e) toi....

 

Avant de savoir manger correctement combien de vêtements, de chaises, de tables, de lieux mes enfants ont saccagé (et saccagent toujours), combien de tenues et de murs colorés par la peinture ou le crayon, le feutre ou le bic? Malgré toute mon impatience chacun évoluera à son rythme et en fonction de ses habiletés. Mon rôle à moi est de leur apprendre à toujours faire de leur mieux. N'empêche que ça a le don de me rendre dingue sur le moment...

 

Je dirai pour finir que la patience, quand elle est nécessaire, est un chemin pavé d'or ! Pour ma part je m'efforce d'être moins impatiente et ce chemin que je découvre vaut souvent de l'or et même plus effectivement…

 

Tim, une impatiente en trantransition... Clin d'œil

 


17/02/2017
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