Timworld, les aventures multiculturelles d'une jeune maman

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Humeurs


Il pleut sur Ouagadougou...

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Le 13 Août 2017 mon cher et beau pays a connu un énième et sanglant attentat et le second sur notre si belle avenue Kwame Nkrumah. Le lendemain il a plu sur la capitale Burkinabè et dès le réveil ces mots me sont venus :  

 

Il pleut sur Ouaga, comme pour laver cette nuit d'horreur.
Il pleut sur Ouaga, comme pour rincer nos larmes et rafraîchir nos coeurs meurtris.
Il pleut sur Ouaga pour adoucir l'air alourdi par nos supplications et nos douleurs.
Il pleut sur Ouaga pour dissiper ce brouillard intérieur de questionnement qui nous assaille.
Il pleut sur Ouaga pour que puisse dormir ceux qui ont veillé et combattu hier sur tous les fronts pour nous défendre et nous informer.
Il pleut sur Ouaga pour que malgré la douleur les blessés et les familles des victimes voient que même le ciel pleure avec eux.
Il pleut sur Ouaga, pour que léger et doux, soit le repos de ces vies surprises d'être parties.
Il pleut sur Ouaga et malgré cet horreur vous n'aurez pas ma haine.
Il pleut sur Ouaga et puisse Dieu être et demeurer notre bouclier...
Prenez le temps de dire à ceux que vous aimez que vous les aimez.
 
Bref il a plu sur Ouagadougou...
Il n'y pleut plus depuis et d'autres attentats ont endeuillé des familles burkinabè dans le nord du pays.
Rien n'efface se sentiment d'injustice et d'impuissance. 
Il ne pleut plus sur Ouaga mais une pluie de questionnements s'abat toujours sur nous...
 
Tim 

19/10/2017
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Une vie de lagaré !

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On nous appelle lagaré (dioula), benjamin(e), kôdaadjo (fulfuldé), pa yaouguin (mooré), thiat (wolof)... Nous sommes les plus jeunes de la fratrie, nous n'avons pas de petit frère ou de petite sœur. Nous sommes souvent "les enfants de la retraite" comme on dit, ceux qui restent avec les parents quand les aînés prennent leur envol. Il parait que certains d'entre nous sont pourris gâtés, je dis certains parce-que je ne me sens pas concernée par cette affirmation. Je n'ai pas été pdisponiblesée, oh que non! J'ai été choyée, nuance!

 

>>>  A lire Baisse de rentabilité scolaire: et si ce n'était pas que de la paresse?

 

Les parents nous ont souvent tard, ils sont donc plus pondérés, plus calmes avec nous, plus attentifs, moins sévères, ils sont parfois plus nantis et surtout ils ont déjà testé sur les aînés toutes les formes d'éducation qu'ils connaissent et savent ce qui marche ou pas. Ils savent et nous aussi, que nous sommes ceux qui passeront le moins d'années de vie avec eux (c'est une triste réalité) donc ils laissent passer beaucoup de choses. Cependant, certains peuvent réagir différemment car avoir un jeune enfant dans les pieds alors qu'on a plus acheté de couches depuis 10 ans et qu'on est parfois même déjà grands parents, ça peut être irritant.

 

Quoi qu'il en soit "pourrir" son enfant quelque soit son rang dans la fratrie c'est le rendre dépendant de vous et lui réserver un avenir difficile. Comme le dit ma mère "si tu refuses de voir ton enfant pleurer aujourd'hui pour son bien, c'est toi qui risque de pleurer demain à cause de lui". 

 

>>> A lire Bébé dévient grand - frère ou grande soeur, le rôle des parents.

 

Je suis la benjamine d'une grande famille. Il y'a 20 ans entre l'aînée et moi et un peu plus de 12 ans entre l'avant dernière et moi. Autant vous dire que je n'étais pas, mais pas du tout, dans le plan de vie ni de mes parents ni de mes frères et soeurs... Pourtant me voilà pour le plus grand bonheur de tous (oui là j'opte volontairement pour le manque de modestie) ! Certaines tantes m'appellent affectueusement "lagaré dogoni" (petite soeur de la benjamine), c'est vous dire...

 

J'ai eu la chance d'être élevée par mes parents, ma grand-mère maternelle et mes frères et soeurs. Je vous parlerai en temps voulu de mon incroyable grand-mère sur les pieds de laquelle j'exigeais de m'asseoir pour prendre mon petit déjeuner tous les matins avant d'aller à l'école. Quand on a la chance il faut savoir en profiter! Philosophie de lagaré: on ne perd jamais le nord quand il s'agit de nos intérêts!

 

Quel genre de petite fille j'étais ? Mes parents disaient que j'avais un regard malicieux. Ils m'ont eu tard et certaines rumeurs ont à l'époque, attribué ma paternité et ma maternité à certains de mes aînés, d'autres l'ont revendiqué tous seuls. Dans tous les cas ils sont tous mes parents car ayant tous participé à mon éveil et à mon éducation. 

 

Ma mère me raconte toujours cette histoire que je lui racontais étant enfant en ces termes: "tu sais maman je voulais venir depuuiiis chez toi mais à chaque fois un de mes aînés (en citant leurs prénoms) me demandais de le laisser passer d'abord et j'acceptais. Un jour, j'ai voulu moi aussi venir et j'ai poussé, poussé, poussé et je suis arrivée". Imagination fertile d'une petite fille ou programmation divine sur mon arrivée? Ce qui est certain c'est que je voulais être là, dans cette famille et nul part ailleurs.

 

Être lagaré c'est donc avoir un rang à tenir, c'est respecter tout le monde et connaitre sa place et dans ce cas, les portes du paradis terrestres vous sont ouvertes, en entendant je l'espère, celles celestes Clin d'œil. Je l'ai compris très tôt... Une de mes grandes soeurs, celle qui s'est le plus occupée de moi étant enfant a appelé le salon de coiffure qu'elle avait à l'époque " Fatim Couture ", son unique enfant est une fille, qui me prend d'ailleurs pour sa grande soeur, à juste titre. Ma fille aînée porte le prénom de cette soeur, c'était complètement logique pour moi mais du coup elle laisse tout passé à ma fille comme une grand-mère... Mon fabuleux père m'a appris la gratitude et la reconnaissance et c'est une valeur que je porte fièrement.

 

>>> A lire Mon père, mon héros!

 

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Être lagaré c'est ne pas avoir de programme fixe parce-que les parents et les aînés ont en général leurs programmes dans notre pauvre petit emploi du temps. Tant qu'ils nous voient c'est que nous sommes forcément disponibles. Ma soeur aînée a le pouvoir de vous planifier une journée de 8h à 20h sur une semaine (voire plus) avec un chronogramme claire et précis de vos activités. Elle n'est pas la seule mais c'est elle qui excelle dans ce domaine, c'est un de ses nombreux talents mais sa générosité légendaire est un excellent boosteur de motivation. Vous voulez savoir comment faire les courses et les commissions de plusieurs personnes dans la même journée à travers la ville de Ouagadougou sur une moto ? Contactez moi. 

 

L'un de mes grand frère (qui se reconnaîtra) m'a dit, alors que j'étais déjà à l'Université à Dakar et que je negociais mon indépendance ou au moins une autonomie réelle "Fatim tu es indépendante mais pas souveraine". Après ça j'ai abandonné les négociations, je serai toujours pour eux, la benjamine quelque soit mon âge et ma situation. Ils n'arrivent toujours pas à croire que je suis mariée et que j'ai des enfants et ils me le rappellent à chaque fête des mères. 

 

>>> A lire La patience, un chemin d'or ?

 

Être lagaré c'est être la nounou officielle des neveux et nièces, c'est comme ça, on ne vous demande pas votre avis. Pour moi c'était un plaisir même si ce n'était pas de tout repos. C'est accompagner les enfants dans les sorties (concerts, manèges, spectacles, anniversaires,etc.), les garder ainsi que la maison quand ils sont seuls, les baigner, les moucher, les nettoyer, les amuser, les dorloter,... Bref tout ce que les aînés ont pu faire pour nous. C'est extrêmement formateur et je crois que ma passion pour le coaching vient d'eux parce-qu'ils savent qu'ils peuvent m'appeler ou m'écrire à n'importe quel moment du jour et de la nuit pour m'expliquer leurs problèmes ou pour partager leurs joies et leurs doutes. Ils ne s'en privent absolument pas d'ailleurs.

 

Il y'a 5 ans entre mes premiers neveux et moi et j'ai dû exigé le "tata Fatim" pour que chacun se rappelle de sa place. C'est important quand même! N'empêche que les plus âgés me prennent pour leur soeur aînée. L'avantage est qu'ils sont les aînés de mes enfants, qu'ils promènent, changent, amusent et baignent,... La roue tourne et un(e) lagaré qui comprend cela vivra bien. 

 

>>> A lire Plaisir d'offrir, joie de recevoir !

 

Être lagaré c'est avoir plusieurs sources de revenus et d'argent de poche. C'est entendre avec plaisir "garde la monnaie" ou "prends ça pour mettre l'essence" après les courses ou souvent juste pour le plaisir d'offrir. Je vous l'ai dit un lagaré qui comprend son rang, sa valeur et son pouvoir est disponible et intelligent. Pour ma part je ne me fâche pas par exemple pour un anniversaire oublié. Pourquoi ? Et bien parce-que la culpabilité est plus grande quand les aînés s'en souviennent après la date et donc le cadeau aussi. 

 

Être lagaré c'est avoir autant d'alibis et de complices que de frères et sœurs et tout autant de supporteurs, de défenseurs et de détectives à ses trousses. C'est aussi pour nous, être protégés et parfois sur-protégés, c'est pouvoir compter sur nos aînés quoi qu'il arrive. En général (et je le considère comme un avantage), nos conjoint(e)s reçoivent de notre famille des conseils chaleureux mais qui peuvent ressembler à des menaces voilées (ou pas). Comprenez qu'ils ne nous ont pas choyé pour que d'autres nous traumatisent, c'est logique !

 

Chers collègues lagaré, un(e) lagaré heureux(se) est avant tout une personne respectueuse, disponible, reconnaissante, innovante, autonome et reflechie. Une personne qui s'inspire de ses aînés et qui fait la fierté de la fratrie. La paresse, la dépendance, l'insolence , l'envie et l'attentisme ne mènent à rien de durable. Nos parents nous élèvent parfois comme leur premier petit enfant, nous sommes les premiers enfants de nos aînés mais nous sommes et seront aussi les premiers grands frères et soeurs des leurs, les tatas et tontons sympas et toujours disponibles. Cela implique des responsabilités et des attentes qu'il ne faut pas décevoir. 

 

>>> A lire Tu es fort(e) toi....

 

A tous les oncles, tantes, cousins, cousines, et amis de nos frères et soeurs MERCI! Merci pour ces commentaires affectueux en public (souvent devant les amis, le conjoint ou même nos enfants): "ehh c'est pas vrai? C'est toi qui a grandi comme ça ? Mais on était à ton baptême!". Effectivement, nos baptêmes furent à l'entendre, inoubliables pour beaucoup. Merci car même si nous nous sentons surveillés, scrutés où que nous soyons, nous nous sentons surtout protégés par vous tous. Où que j'aille en expatriation, je rencontre toujours une personne qui connait un de mes aînés et qui me traite comme sa petite soeur. Ça n'a pas de prix!

 

A tous nos parents et grands parents, MERCI pour l'éducation. MERCI de nous avoir aimé, porté, supporté, corrigé, guidé et inspiré! 

 

À nos chers frères et soeurs, MERCI pour l'éveil et l'apprentissage. MERCI  d'avoir pris sur vous nos égarements, nos écarts de langages, nos fautes, nos dérives et nos déboires. MERCI d'avoir essuyé nos larmes et d'avoir éloigné nos doutes. MERCI pour toutes les punitions subies mais qui nous étaient destinées, pour toutes les erreurs que vous nous avez évité de commettre. MERCI pour les alibis fournis, les innombrables cadeaux, l'argent de poche, de l'essence, des sorties... MERCI de nous avoir appris le style et les bonnes manières. MERCI de nous inciter toujours à faire mieux, de booster nos ambitions et de participer à notre réussite! MERCI d'être là pour nous encore et toujours et surtout INFINIMENT MERCI pour l'inspiration! 

 

Dédicace à tous mes collègues benjamins d'une famille et à tous ceux qui se reconnaîtrons à travers ces lignes Rigolant

 

 

Tim, une lagaré très très reconnaissante.

 


07/04/2017
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La patience, un chemin d'or ?

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S'il y'a une chose que j'ai apprise avec la vie à deux et la maternité c'est la patience. Entendons nous bien je ne suis pas devenue patiente, je suis moins impatiente et c'est déjà un grand pas pour moi et ceux qui vivent avec moi.

 

>>> A lire Prenez soin de votre corps pour que votre âme ait envie d'y rester!

 

Avant, je voulais tout, tout de suite et maintenant. Quand ce que l'on veut dépend de nous c'est déjà difficile d'obtenir tout ce que l'on veut d'un claquement de doigts alors quand ça dépend d'autres personnes c'est autre chose. Maintenant je sais qu'avec juste un peu plus de patience j'obtiens parfois même plus que ce que je voulais au départ.

 

Quoi que je fasse je ne peux ni accélérer mes grossesses, ni faire marcher mes enfants à 3 mois et encore moins leur apprendre le vélo à 5 mois. Je ne peux pas non plus changer du jour au lendemain certaines habitudes de mon mari qu'il tient de son éducation, de sa culture, de ses valeurs… Il y'a des choses que seules la communication, la subtilité, la persévérance, l'intelligence et la patience  peuvent faire évoluer positivement. Et ça je l'apprends au quotidien. J'apprends le “soft power” et croyez moi il est puissant.

 

>>> A lire 30 ans!

 

Pour ce qui est de la vie à deux, la notion de patience m'a aussi appris à gérer mes colères. J'ai compris que ce qui sortait de ma bouche pouvait blesser et surtout réduire mon espérance de vie. Oui, sous la colère ce que je suis capable de dire n'a pas pour but de plaire, alors là pas du tout! Maintenant j'évite, sauf cas d'énervement majeur, de parler sous la colère. Je refuse toute discussion jusqu'à ce que je sois plus calme et plus lucide pour m'exprimer clairement et surtout pour que l'autre comprenne mon message.

 

Cependant, quand vous savez que malgré tout vous allez dérailler, vous pouvez écrire un message, un e-mail ou une lettre, toujours après vous être calmée bien sûr. C’est la solution en cas de choc extrême ou quand vous êtes profondément désolés et que vous savez que face à l'autre vous ne pourrez jamais exprimer tout le fond de votre pensée. L'avantage quand vous écrivez est que vous pouvez vous relire, effacer, corriger, reformuler,... J’y travaille moi même encore mais la notion de patience m'aide beaucoup ! Essayer, ça peut vous sauver la vie ou au moins une relation.

 

>>> A lire Pour le meilleur et pour le pire! Vraiment?

 

Pour l’enfant, crier et frapper ne sont pas toujours les meilleures manières de lui faire comprendre les choses. Souvent se mettre à sa hauteur (se baisser pour le regarder dans les yeux), lui parler calmement et l'écouter produisent de bien meilleurs résultats et surtout ça le marque! Si vous criez et frappez pour tout et rien il grandira avec l'idée que ce sont là les seuls moyens de résoudre un problème et à la longue il sera complètement insensible à vos colères. Cela vaut pour les parents comme pour tous les éducateurs.

 

>>> A lire Baisse de rentabilité scolaire: et si ce n'était pas que de la paresse?

 

Mais entre nous, ne vous est-il jamais arrivé de vouloir quelque chose de tout votre coeur, de prier, de tout faire pour l'obtenir, d'y mettre toute votre énergie et de ne pas l'avoir ou de ne pas l'obtenir au moment voulu? Et puis un jour il vous arrive quelque chose de 1000 fois mieux, de complètement inespérée, d'inattendu. Ou de vous rendre compte qu'avoir cette chose de “tellement importante” pour vous à l'époque aurait été une vraie catastrophe aujourd'hui ? “Tout vient à point à qui sait attendre”, prend tout son sens en ce moment. Tout ce que l'on veut n'est pas toujours ce l'on mérite d'avoir mais ça il n'y a que le temps pour nous le faire comprendre.

 

Ne vous est il jamais arrivé d'avoir envie d'applaudir face à une situation en vous disant “merci mon Dieu!”? “Dieu fait votre palabre” comme on le dit couramment et vous même vous trouvez que c'est trop d'honneur. Ça ne vous est jamais arrivé? En attendant vous avez bien dû patienter un peu, beaucoup, énormément mais c'est enfin arrivé!

 

Que cela soit clair, il n'est point question ici de devenir attentiste ou paresseu(se)x, d'attendre pour attendre, d'être faible et de se laisser faire. Non! Il est question de vous battre pour ce que vous désirez mais si vous ne l'obtenez pas d'apprendre à patienter pour avoir mieux. Si vous avez essayer toutes les méthodes sans résultats, essayer aussi le pouvoir de la patience et vous verrez.

 

>>> A lire Tu es fort(e) toi....

 

Avant de savoir manger correctement combien de vêtements, de chaises, de tables, de lieux mes enfants ont saccagé (et saccagent toujours), combien de tenues et de murs colorés par la peinture ou le crayon, le feutre ou le bic? Malgré toute mon impatience chacun évoluera à son rythme et en fonction de ses habiletés. Mon rôle à moi est de leur apprendre à toujours faire de leur mieux. N'empêche que ça a le don de me rendre dingue sur le moment...

 

Je dirai pour finir que la patience, quand elle est nécessaire, est un chemin pavé d'or ! Pour ma part je m'efforce d'être moins impatiente et ce chemin que je découvre vaut souvent de l'or et même plus effectivement…

 

Tim, une impatiente en trantransition... Clin d'œil

 


17/02/2017
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30 ans!

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                                Et de 30! 

 

J'ai eu 30 ans le 18 Décembre 2016 ! J'ai donc 30 ans et pourtant je ne me sens pas vieille… au contraire. Pendant mes premières décennies de vie, je voyais la trentaine comme le début de la fin. Quand mes soeurs ont eu 30 ans je me disais que j'avais encore beaucoup le temps avant d'atteindre ce point de non retour. Elles ont actuellement la quarantaine et plus et elles sont splendides, c'est moi qui me bats pour atts.

 

30 ans donc d'apprentissages, de joies, d'épreuves, d'aventures nouvelles, de surprises, d’extases, d'illusions, de désillusions mais surtout d'optimisme et de positivisme. Cet optimiste qui m’habite, qui m’anime et qui ressemble parfois pour certains à de l'inconscience. Et pourtant... En 30 ans j'ai appris à être une optimiste réaliste! C'est du jonglage émotionnel mais c'est possible.

 

>>> A lire Et si j'essayais?

 

En 30 ans j'ai reçu assez d'amour pour vivre plus de 100 ans et c'est une chance incommensurable que je mesure tous les jours. Je suis la benjamine d'une grande famille et c'est bon! Mon Dieu que c'est bon! 30 ans et je me découvre des passions comme le coaching et l'écriture. C'est donc un début et non une fin!

 

30 ans c'est le top finalement, les enfantillages des premières années sont passés (ou presque), l'insouciance et l'inconscience de l'adolescence aussi (ou presque). C'est un début de maturité et un soupçon de sagesse alliés à l'assurance que procurent les expériences et les connaissances acquises. En général on est mieux nanti que durant les premières décennies ou en tout cas on sait ce qu'on veut et surtout ce qu'on ne veut plus. A 30 ans on garde encore certaines illusions mais on mesure mieux les conséquences de nos actes.

 

 

>>> A lire Tu es fort(e) toi....

 

En 30 ans j'ai appris:

  • Que j'aime le chocolat et que c'est un problème.

  • Que régler mon réveil et vouloir dormir “juste un peu plus” au-lieu de me lever quand il sonne n'est pas une bonne idée.

  • Qu'écouter pour comprendre et non pour répondre est très instructif.

  • Qu'il n'y a rien de mieux que de garder l'esprit ouvert mais en ne trahissant pas ses valeurs.

  • Que l'impatience ne fait pas avancer les choses plus vite.

  • Que je prends du poids quand je suis stressée. Oui! rappelez vous que j'aime le chocolat et c'est mon meilleur allié anti déprime (pour le meilleur et le pire).

  • Que j'aime cuisiner mais que ça doit rester un plaisir et non une obligation.

  • Qu'il faut faire des choix réfléchis mais qu'il faut surtout les assumer.

  • Que je dois me calmer avant de répondre quand je suis en colère pour augmenter mon espérance de vie.

  • Que la gratitude est gratifiante.

  • Que donner réjouit l'âme et l'esprit.

  • Qu’être une personne entière c'est être une personne hypersensible. Je ne le vois plus comme un défaut mais c'est émotionnellement épuisant parfois.

  • Que rien ne vaut l'expérience personnelle pour comprendre une situation.

  • Qu'avoir plus mal pour le problème que rencontre une personne qu'elle même n'est pas viable.

  • Qu'il est possible de me prendre une fois, peut être même deux fois pour une conne mais jamais trois fois.

  • Qu’avoir la foi élève l'esprit et l'âme et que prier est mon ultime thérapie.

  • Que souhaiter aux autres le meilleur me rempli de joie et d'ondes positives.

  • Que je semble forte mais que je peux m'autoriser à ne pas l'être parfois.

  • Que face à l'injustice et la barbarie le silence n'est pas une option.

  • Qu'être mariée implique des compromis raisonnables mais que la base reste le respect mutuel et l'amour.

  • Qu'être mère est une chance et une expérience unique, une douce et joyeuse folie, un c'est un engagement à vie.

  • Que j'aime les voyages et les découvertes.

  • Que ma vérité n'est pas universelle et n'est pas forcément vraie pour tout le monde.

  • Que la gymnastique et les contorsions intellectuelles  qu'impliquent la duplicité et la trahison sont des sports extrêmes qui ne sont pas à ma hauteur.

  • Que j'ai terriblement peur de la honte et que je fais tout pour l'éviter.

  • Qu'il ne faut pas juger sans connaître la personne ou la situation dans son ensemble. Voire au delà des apparences est une qualité à cultiver.

  • Que le deuil est une épreuve unique d'une violence inouïe.

  • Que rester polie et respectueuse ouvre bien des portes.

  • Que je peux  être franche en restant diplomate même si c'est dur.

  • Que l'intelligence et la fermeté contrairement à la violence conduisent à des solutions durables.  

  • Que la l'amour peut faire mal mais que ce n'en est absolument pas le but et qu'il ne faut jamais oublier de s'aimer et se respecter sois-même avant tout.

  • Qu'il est impératif de se faire mériter parce que je le rappelle “on vous achète au prix auquel vous vous vendez”.

  • Que le travail bien fait paye toujours.

  • Que l'amitié quand elle est sincère est magnifique.

  • Que la distance n'empêche pas de penser aux siens et n'empêche pas la connexion des esprits.

  • Que je ne suis pas parfaite et que je ne peux pas l'être.

  • Que le sport est un antidépresseur surtout quand il est rythmé par de la musique.

  • Qu'on ne peut pas plaire à tout le monde et que ça n'a jamais été un but pour moi.

  • Que la vie peut basculer à tout moment sans préavis.

  • Que l'humilité est une qualité à cultiver sans relâche.

  • Qu'il faut dire aux gens que l'on aime qu'on les aime avant qu'il ne soit trop tard.

  • Que la fae est sacrée et que son unité n'a pas de prix!

  • Que tout n'est pas rose dans la vie mais que le rose pâle n'est pas mal même si le rose fushia est plus engageant. Tout dépend surtout de comment nous voyons les choses.

  • Qu’il est possible d'avoir de la chance mais que tout dépend de ce qu'on en fait.

 

>>> A lire Personne entière : tout ou rien!

 

J'ai 30 ans et j'ai appris pas mal de choses finalement  en étant fille, soeur, tante, amie, belle soeur, collègue, épouse et mère ! Je ne vais donc pas me plaindre de prendre de l'âge car j'ai de la chance de pouvoir en prendre. En plus des bénédictions et des cadeaux pour cette nouvelle année de vie que j'ai reçu avec grande émotion, je ne peux espérer plus que ces voeux. Je dirai juste donc MERCI à la vie pour ces 30 années! Les épreuves surviendront mais je prie juste pour toujours trouver les solutions à mes problèmes et pouvoir les surmonter avec dignité.

 

J'ai fêté cet anniversaire avec ma famille. J'ai soufflé sur les bougies avec ma maman, c'était la moindre des choses 30 ans après sa délivrance en cette nuit de jeudi à 21h02. Pour moi c'est ça le bonheur alors encore MERCI à la vie! Que Dieu me prête vie et santé auprès de mes proches.


Tim , fraîchement trentenaire et résolument optimiste mais réaliste Clin d'œil !


23/12/2016
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Éducation : chicoter a-t- il déjà rendu un enfant plus intelligent?

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       Les écoles du monde, expo.partage.org 

 

 

De mon CP au CE2 j'ai connu et subi la cravache de mon maître d'école. Est ce que cela m'a rendu plus intelligente ? Non! Au contraire, ça n'a fait que me rendre plus allergique à toutes sortes de violences.

 

Pendant ces 4 années ma moyenne variait entre 05 et 06/10. Pas terrible n'est ce pas ? Je suis la benjamine de ma famille et mes parents enseignants m'ont eu tard. Mon père avait 50 ans et ma mère 42 ans. J'avais entendu une théorie subjective à l'époque, je ne sais où d'ailleurs, qui disait que les enfants nés de parents âgés n'étaient pas “des lumières”. J'avais fini par y croire et je pense que mes parents ont aussi douté, à un moment, de mon intelligence. Vu mes résultats scolaires, je pouvais les comprendre. Mon père cachait même mes moyennes aux autres membres de la famille pour me préserver mais il se résignait peut être au fait que je ne sois qu'un enfant moyen.

 

Mon problème est que face à toutes sortes de violences (physique, verbale, morale) je me braque et je fais tout sauf ce qui m'est demandé. C'est ma manière à moi de résister et je l'ai développé très jeune. Suis-je têtue ? Peut être… En tout cas la menace et la violence ne m'incitent pas du tout à aller dans le sens voulu. Mais mon maître comme beaucoup d'autres pensait nous faire travailler avec sa cravache, sa chère chicote.

 

La remise en cause de l'enseignement dans les pays africains francophones fera l'objet d'un autre article. Parce qu'il y'a trop à dire. Nous avons calqué un système qui a, depuis lors, beaucoup évolué en terme de pédagogie, mais sans nous. Notre système laisse très peu de place à l'esprit critique et à l'imagination. J'imagine qu'un maître d'école qui le soit devenu par conviction, mais trop souvent par nécessité et par contrainte manque profondément de pédagogie. Que face à une centaine d'enfants, sous une paillote ou dans une classe délabrée, dans la chaleur, soit démuni et démotivé et n'est que sa cravache pour faire assimiler à ces enfants des leçons.

 

J’imagine que la frustration d'un enseignant qui, après de nombreux mois, affecté dans un village lointain sans salaire peut l'emmener à exprimer sa colère sur le dos et les membres de pauvres enfants qui ont marché des kilomètres sans parfois s'être lavés ou avoir mangé. Mais ça se passait aussi en ville dans des écoles privées. Toute cette bastonnade a peut être eu un impact positif sur certains mais pas sur moi. J'admire tous ces enseignants qui, dans ces mêmes conditions de travail, ont fait des miracles et ont inspiré des millions d'enfants.

 

Revenons à notre maître qui nous frappait avec sa chicote pour avoir bavardé, pas appris nos leçons, pas trouvé la bonne réponse, à cause d'une faute ou d'un mot de travers et parfois pour moi pour des raisons que j'ignorais complètement. Souvent même je connaissais mes leçons mais son regard dès que je trébuchais sur un mot me faisait oublier le reste de la leçon. Et il fallait que la leçon soit récitée à la virgule près, ce qui ne laissait aucune place à l'imagination. En général je comprenais la leçon et je pouvais l'expliquer avec mes propres mots mais ce n'étais surtout pas ce qui m'étais demandé. Nous allons à l'école pour apprendre, découvrir et comprendre pas tour être terrorisés, torturés et ôter en nous tout esprit créatif.

 

En son absence la classe était gérée par le ou la “chef de classe” et il fallait être dans leurs bonnes grâces pour éviter d'être sur cette liste, comme ce n'était pas mon cas et bien j'y étais souvent. Restons honnête, je reconnais que j'étais et reste très bavarde mais quand même ! Je n'étais peut être pas une élève idéale mais je ne pense pas avoir mérité tous ces coups. A son retour que tu es doublé, triplé ou pas ta tenue, la puissance de la frappe avec la cravache arrivait quand même à t'arracher un cri, cri qui devait être étouffé pour ne pas entraîner d'autres coups.

 

Par contre, les seules fois où j'étais épargnée c'était quand le maître absent nous confiait au maître de l'autre classe, la classe B. Celui là par contre frappait tout le monde sauf moi. Vous savez pourquoi !? Et bien il draguait l'amie d'une de mes soeurs et c'est moi qui envoyait et réceptionnais leurs lettres. L'amie en question habitait près de notre maison et dès que je rentrais à midi à la maison, j'enfourchais mon petit vélo pour aller livrer sa lettre et récupérer pour lui la réponse de la précédente. Mon père ne comprenais pas pourquoi j'aimais tant aller chez cette fille parfois même avant d'avoir mangé. Il ne savait pas que cette petite idylle sauvait mon corps de quelques traumatismes.

 

Un soir avant mon bain, ma grand-mère découvre avec effroi mon dos rougi et boursouflé à trois endroits différents. Trois grands traits verticaux qui traversaient mon dos. J'ai tout fait pour cacher les traces de cravaches jusqu'à ce jour mais elle les vit et décida d'en parler à mon père et je l'ai supplié en pleurs de ne rien dire parce que j'avais peur que cette dénonciation n'aggrave mon cas. Bien sûr elle le dit à mon père. Mais finalement mon salut est venu d'un accident. Et ouiii comme quoi d'un drame peut surgir le bonheur!

 

Mon père allait me déposer et me récupérer lui même à l'école. Quand il ne pouvait pas c'est de mes frères ou une de mes soeurs y allaient sinon c'était le garçon à tout faire qui allait me chercher avec la moto P50 de ma soeur. Il s'appelle Étienne. Deux fois en freinant brusquement devant la porte de la maison je suis tombée dans le caniveau ouvert. Mais la fois qui décida mon père c'était un jour où nous revenions de l'école, j'étais comme d'habitude dernière la moto, bien accrochée à ce monsieur, nous étions arrêtés au feu rouge et d'un coup je me suis retrouvée au sol avec la moto sur moi. Un chauffard dans la voiture derrière nous nous avait cogné et Étienne, avait sauté de la moto me laissant seule à mon sort. Le chauffard demande si je n'ai rien de cassé et il ajoute “mon fard est cassé et le votre aussi donc nous sommes quittes” et il est parti sans que Étienne ne dise mot. Heureusement je n’avais que le genoux fortement égratigné. La chute avait troué ma salopette en jean mais je n'ai ressenti la douleur qu'une fois le choc passé et notre “cogneur” parti.

 

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21/10/2016
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