Timworld, les aventures multiculturelles d'une jeune maman

Timworld, les aventures multiculturelles d'une jeune maman

Tolérance, galanterie ou culture ?

 

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Ma belle soeur chérie Yolande m'a dit une fois que la conduite en milieu urbain devrait faire partie des tests de recrutement pour mieux connaître la personnalité des candidats qui postulent pour un emploi. Ce serait pour révéler et mesurer la patience, la fidélité, la constance, le stress et la courtoisie du conducteur... Je pense comme elle, que la conduite peut permettre de comprendre un peu mieux le caractère d'une personne.

 

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Je suis impatiente de nature (et je me soigne), mais en circulation je suis plutôt tolérante. Loin d'en faire une généralité, je connais de nombreuses personnes nerveuses qui sont d'un calme olympien en circulation et je connais aussi des personnes calmes qui sont méconnaissables et très irritables dans la même situation. Cela est il signe d'intolérance, de manque de courtoisie ou de galanterie ?

 

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A Bamako je retrouve un peu cette "forme" de galanterie ou de courtoisie envers les femmes qu'à Dakar que je ne trouve pas à Ouagadougou.  Malgré la dangerosité de la conduite dans ces deux premières capitales , à Bamako par exemple, quand des enfants, des personnes âgées ou des femmes en particulier et même des hommes, veulent traverser la route (à pieds surtout), ils lèvent la main bien haut pour demander l'arrêt des conducteurs et en général ces derniers s'arrêtent. Les policiers ou des agents de circulation les aident également parfois. A Ouaga si tu lève la main pour traverser la route, sans stress, en espérant que les conducteurs s'arrêtent il est possible que tu te retrouves au sol les quatres membres en l'air avec en prime des injures... J'exagère peut être un peu, mais ce n'est pas loin de la réalité. 

 

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A Dakar par exemple où j'étais étudiante (2004-2009 et j'espère que ça n'a pas changé depuis), quand je montais dans un bus et qu'il n'y avait plus de places assises, un homme se levait toujours pour me laisser sa place (sans contrepartie aucune et sans demander mon numéro), pareil pour les personnes âgées et évidemment les femmes enceintes. C'était pareil dans les guichets de banques, les agences des sociétés d'eau et d'électricité. Il y avait même des rangs spéciaux pour les personnes du troisième âge, ce qui conduisaient certains jeunes cadres à remettre leurs factures à leurs parents pour les régler afin de ne pas passer la journée dans un rang. C'était plutôt attendrissant de voir ces retraités transformer certaines agences en lieux de retrouvailles et de causeries. Ce respect pour les personnes âgées et cette forme de galanterie m'ont toujours touché.

 

Comme à Dakar, à Bamako des hommes (qui ne sont pas agents de sécurité) que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam me tiennent la porte au super marché, à la boulangerie, etc. Ils s'arrêtent souvent pour que je traverse la route à pieds ou en voiture. La tolérance appelle la tolérance, la galanterie aussi, je m'efforce de le faire depuis pour d'autres (femmes ou hommes) quand je peux et où que je sois. Est ce seulement de la tolérance ou de la galanterie? Est ce culturel dans ces pays? 

 

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A Ouaga cela m'arrive très rarement et quand je tiens la porte pour que la personne après moi entre dans un lieu, elle me prend le plus souvent pour "un portier", parce que pour ces personnes elles ne m'ont rien demandé et c'est parce que je veux que je tiens cette porte pour eux, aucun merci, parfois même aucun regard, la personne est même capable de te bousculer au passage. Ce nest pas encourageant mais je pense que c'est parce que ces personnes ne sont pas habituées à la tolérance et à la galanterie. Quand dans une société certains usages ne sont pas fréquents, les habitants ne peuvent pas y être habitués. A Libreville par exemple quand tu es enceinte, la majorité des gens prend soin de toi comme un oeuf, dans les services privés comme publics. Quand un(e) ouagalais(e) me cède le passage ou je me tiens la porte (enceinte ou pas) je dis MERCI et je me dis toujours à moi même "lui ou elle as voyagé". 

 

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Ma mère et des tantes m'ont raconté ces histoires similaires où, à la Mecque, pendant le pèlerinage, des chauffeurs de bus (arabes) qui conduisent les pèlerins burkinabè, arrêtent leurs bus et refusent de démarrer leurs véhicules tant que toutes les femmes ne sont pas assises. Pourquoi ? Et bien parce que à l'arrivée du bus les hommes Burkinabè bousculaient les femmes pour y monter et avoir des places assises. Certaines femmes sont poussées aux sols, tombent et se blessent et comme je l'entends parfois moi même à Ouaga ils disent " c'est parce que tu peux que tu es venue ici". Si ça peut se passer dans un lieu saint où ils partent pour prier, se faire pardonner et se rapprocher d' Allah, vous imaginez ce qui se passe sous le soleil de Ouagadougou ? Pour eux l'égalité (tant recherchée) ne va pas de pair avec la galanterie. Être galant est même souvent vu comme si signe de faiblesse. 

 

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Paradoxalement, les femmes burkinabè ont plus de droits que les maliennes (je ne saurai le dire pour les sénégalaises), dans le code des personnes et de la famille notamment. Au Mali ils ont voulu inscrire il y'a quelques années, comme ça l'est au Burkina, dans ce même code "en l'absence du mari, la femme est le chef de famille" et cela a provoqué un levé de bouclier dans la société, des marches ont été organisées et des stades ont été remplis par des religieux et d'autres personnalités pour dénoncer ce nouveau statut qu'obtiendrait les femmes. La loi n'est pas passée. Au Mali comme au Sénégal, plusieurs générations vivent sous le même toit, la femme est consciemment et inconsciemment placée sous la responsabilité de l'homme qui doit en prendre soin. Poids de la religion? Culture? Est ce pour cela que cette galanterie s'exprime ainsi dans la sphère publique dans ces pays?

 

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Princesse Yennenga by black-feelingscom 

 

Les femmes burkinabè sont des battantes c'est vrai, nos parents nous répètent souvent "ton premier mari c'est ton travail", c'est vrai. C'est vrai aussi que l'éducation qu'on nous inculque nous apprend, nous femmes burkinabè, à ne pas dépendre d'un homme, à ne compter que sur nous même. Les choses et les moeurs changent mais cela reste la philosophie de nombreuses personnes. De ce fait, comme nous exigeons peu des hommes, ils nous donnent peu. Messieurs, un peu plus de douceur et de galanterie de votre part nous feraient le plus grand bien. Essayez vous verrez! Ce n'est pas un signe de faiblesse que d'être galant c'est même au contraire une forme de confiance et de sécurité intérieure. Honorée une personne s'est d'abord et avant tout s'honorer soi-même. 

 

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 Image by mrafropolitan.com 

 

Mesdames, en attendant ce sursaut de galanterie, à nous d'élever nos fils dans le respect de la femme. A nous de les amener à traiter leurs soeurs, leurs mères, leurs amies et leurs épouses avec tolérance, courtoisie et galanterie. A nous de leur apprendre qu'on  doit respecter les personnes âgées, qu'on peut tenir la porte et la portière pour laisser passer ou sortir une femme, qu'on doit avoir de la compassion pour une femme qui porte la vie et pour les personnes vulnérables. A nous de nous battre pour un plus grand respect de nos filles par leurs frères, amis et conjoints. Tout commence à la maison, la société est le miroir des ménages. Le respect s'apprend, le respect s'acquiert, le respect s'impose, le respect se transmet aussi Mesdames! 

 

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Merci à tous ces hommes qui respectent nos droits, nous respectent et nous traitent comme des reines malgré tout, vous êtes des rois. La tolérance, la courtoisie et la galanterie sont contagieuses, quand elles sont pratiquées dans une société elles deviennent un comportement, une habitudes, une identité. Nous nous acheminons vers les fêtes de fin d'année où les villes et les campagnes sont en effervescence, si chacun de nous décide d'être un peu plus tolérant en circulation comme dans la vie courante, à être courtois et galant envers ses semblables nous passerons tous et toutes de merveilleuses fêtes! D'avance MERCI!

 

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Excellentes fêtes !

 

Tim 

 

 



22/12/2017
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