Timworld, les aventures multiculturelles d'une jeune maman

Timworld, les aventures multiculturelles d'une jeune maman

Bébé dévient grand - frère ou grande soeur, le rôle des parents.

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Ma fille aînée adorée a eu 4 ans en Octobre 2015! Dieu merci! Cette première année 2014-2015 à être une koro (aînée en Djoula ) n'a pas été de tout repos ni pour elle ni pour nous. Heureusement, maintenant, tout rentre dans l'ordre.

 

Née en 2011 elle est la première merveille du monde pour son papa et pour moi (les pyramides et la grande muraille de chine nous, nous les classons juste après elle). Elle est adorable, dynamique, a beaucoup de caractère mais est douce, très malicieuse et sensible. Ce dernier point nous l'avons noté au cours de cette année. Nous ne vivions que tous les trois pendant les trois premières années de sa vie et puis il a fallu qu'elle nous partage.

 

Ma grossesse gémellaire n'ayant pas été de tout repos, malgré toute ma volonté parfois je n'arrivais pas à lui accorder toute l'attention nécessaire. A lire De 3 à 5, 1 an d'aventure gémellaire! . Elle a alors commencé à devenir très capricieuse, à pleurer pour tout et pour rien. Elle a régressé sur beaucoup d'acquis: l'apprentissage de la propreté et même le langage.

 

Nous avons pourtant pris le soin de lui expliquer ce que je vivais. Les deux bébés dans le ventre de maman qu'elle pouvait sentir bouger. Mais ce qu'elle voulait c'est mieux comprendre et surtout savoir pourquoi ça lui arrive à elle? Elle était tellement mieux toute seule. Se retrouver avec un petit frère et une petite soeur tout d'un coup la pauvre! Devoir partager les bras, les jambes, les câlins et le coeur de ses parents avec 2 autres personnes, je comprends que ça puisse perturber.

 

Puis vint la naissance, ils sont deux, toute l'attention se dirige vers eux. Surtout les deux premières semaines avec leur lot d'émotions. Et je la sens un peu perdue malgré nos efforts et en demande permanente d'attention. Viennent ensuite les remarques des gens: ils sont trop mignons les jumeaux/ ta petite soeur est plus jolie que toi/ elle est plus claire que toi/ elle t'a détrônée... Ça ne partait pas du tout d'une mauvaise intention de leur part mais elle est petite et ça marque.

 

Puis un jour elle dit à un des jumeaux encore bébé : "tu souris avec mon papa? Tu connais mon papa? ". Et là ça m'a fait un choc, elle n'a pas encore accepté l'idée même de nous partager. Elle vit avec les bébés mais le liens entre eux, elle et nous lui semble très peu clair. Pour elle ce sont les bébés de maman vu qu'elle a constaté qu'ils étaient dans mon ventre, mais quel lien avec son pauvre papa? 

 

Nous lui expliquons de nouveau la situation mais elle fait des bêtises sciemment juste pour attirer notre attention, je m'énerve parfois, je crie , je donne des fessées mais elle recommence. Mon entourage attire mon attention sur son mal être et me dit une phrase qui me reste "un enfant ne régresse jamais sans raison". Donc nous lisons beaucoup sur le sujet et prenons des conseils avec nos aînés et d'autres parents. Nous essayons de lui accorder plus de moments d'attention. 

 

Sans son père pendant quelques mois (j'ai préféré accoucher à Ouagadougou et non à Libreville), j'avoue que j'étais débordée et dépassée par ma propre vie parfois. Mes hommages et tous mes respects aux mamans seules qui assument les deux rôles! Il faut savoir que mon aînée tombe malade à chaque fois que nous sommes loin de son père et guérit comme par miracle dès qu'on le retrouve! C'est perturbant et très ingrat. Quand nous l'avons retrouvé ça a commencé à aller mieux. Et depuis nous prenons nos marques à 5 désormais. Nous jouons avec elle, nous avons des moments de câlins, nous l'amenons en balade chacun séparément ou juste tous les trois.

 

Quand je la récupère à l'école je l'amène parfois avec moi faire des courses ou juste nous promener. Et surtout nous lui disons qu'elle est grande , jolie, gentille, que nous l'aimons toujours autant et qu'elle est une bonne et gentille grande soeur. Et franchement elle l'est. Certains aînés développent parfois de la violence envers la mère enceinte (en tapant exprès sur le ventre) ou des bébés. Nous avons eu la chance de ne pas connaître avec elle ce type de comportement.

 

J'ai lu dans un bouquin qu'il est recommandé d'avoir un autre enfant quand le précédent à 2 ans ou d'attendre carrément qu'il ait 5 ans. A 2 ans il est encore bébé et à 5 ans il comprend mieux. Parce que à 3 ans il est à un âge intermédiaire et est très vulnérable. 3 ans c'est aussi l'âge de la scolarisation et l'enfant peut le vivre comme une mesure d'éloignement forcé qui le sépare de vous pendant que le nouveau bébé en profite à temps plein.

 

Dans tous les cas prêtez attention aux changements de vos enfants et de l'impact des changements sur eux. L'arrivée d'un petit frère ou d'une petite soeur peut très bien se passer mais peut aussi énormément perturber le ou les aînés. Nous négligeons parfois certains aspects, surtout en Afrique, mais certaines rancoeurs entre frères et soeurs dans l'enfance ou même à l'âge adulte viennent de la manière dont les parents ont géré ces moments. 

 

Nous avons appris énormément en une année, de nos enfants, de nous même. Nous apprenons toujours d'ailleurs. C'est pas simple d'être parent, éduquer un être humain pour qu'il puisse affronter la vie est une lourde tâche. Mes conseils pour préparer et guider l'aîné sont:

- le dialogue permanent : prendre le temps de lui expliquer les choses et surtout l'écouter.

- Les moments d'exclusivité : des moments rien qu'à lui ou vous ne vous occupé que de lui. Sortie, histoires, jeux, lecture, danse,... 

- Les câlins : les marques d'amour permettre à l'enfant de se construire et d'avoir confiance en lui. Le monde est déjà assez dur comme ça alors aidez le à prendre de l'assurance.

- Son rôle et sa place dans la famille : lui expliquer qu'il est l'aîné, lui confier des responsabilités qui l'aide à assumer son rôle.

- L'envie et les comparaisons : l'éloigner de l'envie et de la jalousie entre frères et envers les autres en lui faisant aimé ce qu'il a déjà et pour cela il faut être juste envers tous. Lui apprendre à partager avec autrui et à être fier de ce qu'il a. Surtout éviter les comparaisons désobligeantes entre les enfants. Lui apprendre la gratitude et à se surpasser sans piétiner et faire du mal aux autres pour atteindre son but. C'est la meilleure éducation que j'ai reçu et j'en remercie éternellement mes parents.

- l'autonomie : il faut l'aider à être autonome et responsable à se débrouiller seul tout en sachant qu'il peut compter sur vous. Lui confier de petites tâches comme ranger ses jouets, vous aider à mettre la table, mettre ses vêtements sales dans la corbeille à linge, etc.

- Les principes et les règles de vie : il faut lui inculquer vos principes de manière claire et avec persévérance. Par peur de le voir pleurer aujourd'hui c'est vous qui risquez de pleurer demain. Un enfant à besoin de règles claires pour se construire et être assuré d'être protégé par vous.

 

Avec l'expatriation tout change autour d'eux si souvent qu'il est nécessaire qu'ils aient un socle solide. Nous nous y attelons. Avec l'aide de nos familles et de leurs précieux conseils, de nos proches, des spécialistes en la matière et de la lecture nous espérons être de meilleurs parents. Nous ne sommes pas et ne seront pas parfaits mais nous ferons de notre mieux. L'important est de reconnaître ses failles et de savoir se relever ensemble.

 

C'était donc ma modeste contribution de très jeune maman (riche de très nombreux neveux et nièces) pour vous. Que Dieu bénisse tous nos enfants et leur donne la baraka! 

 

Tim

 



09/10/2015
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